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Préhistoire de l'Ontario

La préhistoire de l'Ontario

James V. Wright
Musée canadien des civilisations

Depuis Jacques Cartier et les premiers missionnaires, il existe des descriptions du mode de vie des tribus que l'homme blanc a rencontrées. Cela fait partie de l’histoire de notre pays.

Mais que sait-on de la vie des Indiens avant l'arrivée des Européens? L'étude de la "préhistoire" appartient au monde fascinant de l'archéologue qui, à partir de fouilles et d'analyses en laboratoire, peut, à la manière d'un détective, réunir des indices et se faire une idée du mode de vie des sociétés antérieures.

En mettant à jour les vestiges des anciens sites d'habitation, l'archéologue détruit, en fait, 'les preuves'. Il a par conséquent fallu élaborer des techniques de fouilles couche par couche (certains sites peuvent être assez superficiels et ne comporter qu'un niveau d'habitation) et établir une documentation très exacte sous forme de notes, de dessins et de photographies. Tous les objets découverts sont soigneusement numérotés et consignés.

Nous insistons sur le côté pratique seulement de la méthode des divisions temporelles et géographiques que nous utilisons pour aborder le sujet; par conséquent les dates sont approximatives et les époques se recoupent.

Il existe diverses méthodes pour déterminer les dates approximatives d'occupation des sites; par exemple les trois suivantes: la comparaison des sites historiques connus aux sites préhistoriques inconnus, mais apparentés; la stratigraphie (étude des différentes strates d'une fouille) et la datation des matières organiques, en particulier du charbon de bois, au carbone 14.
L'archéologue peut retracer le mode de vie d'un peuple d'après les ossements d'animaux qui sont éparpillés autour des foyers ou mêlés aux débris, d'après les poteries et les outils utilisés et aussi d'après les sépultures.

Pour les besoins de l’étude, nous avons divisé l'Ontario en deux régions, au nord, les tribus de la famille linguistique algonquinoïde et leurs ancêtres et, au sud, celles de la famille linguistique irocoïde.

LA PÉRIODE PALÉOINDIENNE
(il y a de 11 000 à 7 000 ans)

Les premiers habitants de l'Ontario appartenaient à la culture de CLOVIS disséminée en Amérique du Nord à l'est des Rocheuses et au sud de la calotte glaciaire. Leurs ancêtres, venus d'Asie, avaient traversé un isthme qui existait autrefois.

C'étaient des chasseurs de caribous, voire de mammouths et de mastodontes. Nous avons retrouvé, dans le sud de l'Ontario (appuyez ici pour voir une carte de distribution des sites paléoindiennes), des pointes de jet caractéristiques de ces peuplades.

À la culture de CLOVIS succède la culture de PLANO qui semble s'être développée dans les Plaines et avoir pénétré ensuite le nord de l'Ontario par l'Ouest. Ces peuplades sont également des chasseurs de gros gibier.

Nous avons découvert un certain nombre de carrières de taconite et de quartzites, minéraux utiles pour la fabrication des outils.

Les Paléoindiens façonnaient leurs outils après avoir choisi et dégrossi le type de pierre approprié dont ils faisaient ensuite un couteau ou une pointe de jet (appuyez ici pour en voir des exemples). Les éclats de pierre étaient utilisés comme petite outils tels que des grattoirs.

LA PÉRIODE ARCHAÏQUE
(il ya de 7 000 à 3 000 ans)

À la suite des Paléoindiens arrivent les tribus de la période de l'Archaïque, qui se répandent dans le Sud ontarien pour former la culture LAURENTIENNE (appuyez ici pour voir une carte de distribution des cultures archaïques) et qui sont apparentées à d'autres peuplades de même culture trouvées dans les régions qui constituent aujourd'hui l'est des États-Unis et du Canada (appuyez ici pour voir la fouille d'un site archaïque au lac Huron).

Ces hommes sont surtout des chasseurs de caribous, de wapitis, d'ours et de castors, mais ils ajoutent à leur régime du gibier plus petit, du poisson, des coquillages, des baies et d'autres plantes sauvages.

Les croyances religieuses ont une influence sur les rites funéraires des tribus de culture LAURENTIENNE. Ils répandent de l'ocre rouge sur le mort et mettent dans sa sépulture des outils et des ornements en pierre, en os, en cuivre natif et parfois en coquillages provenant du golfe du Mexique et de la côte Atlantique, témoignages d'échanges commerciaux très étendus.

Quelquefois, le chien du chasseur adulte est enterré avec son maître (appuyez ici pour voir la sépulture d'un chien de la période archaïque et datant de 1500 av. J.-C.).

Dans le nord de l'Ontario, on parle des tribus de la période archaïque comme appartenant à la culture du BOUCLIER, car on a découvert leurs vestiges par delà le bouclier canadien où ils se sont installés après le retrait du glacier continental et la réapparition du gibier.

Ces peuplades se nourrissent surtout de caribou et de poissons, régime complété par de l'ours, du castor, du lièvre et du gibier d'eau. On se sert, semble-t-il, de canots en écorce de bouleau et on fabrique des raquettes; le mode de vie est semblable à celui des tribus de langue algonquinoïde qui leur ont succédé.

Les sépultures de ces tribus témoignent d'un contact avec leurs voisins du Sud dans les régions faisant maintenant partie des États-Unis, ainsi qu’avec les peuplades de culture LAURENTIENNE du sud de l'Ontario.

Malheureusement, les vestiges osseux datant de la culture du BOUCLIER n'ont pas résisté à l'acidité du sol dans le Nord.

LA PERIODE DU SYLVICOLE INITIAL
(il y a de 3 000 à 1 000 ans)

La période du Sylvicole est caractérisée par l'apparition de la céramique. Le mode de vie des différentes cultures de cette période est pour ainsi dire identique à celui des cultures de la période archaïque, mais s'y ajoutaient des connaissances sur la fabrication et l'utilisation des poteries. En effet, les peuplades de la période du Sylvicole initial sont simplement des tribus de la période archaïque, mais en raison de leur usage de la poterie l'archéologue a jugé plus pratique de faire cette distinction afin d'établir une division rationnelle des différentes époques (appuyez ici pour voir une carte de distribution des cultures de la période du Sylvicole Initial). Établie dans la région formant aujourd'hui l'État de New York et la vallée du Saint-Laurent au Québec, la culture de MEADOWOOD est la plus ancienne; elle a à peine pénétré dans les territoires adjacents du sud de l'Ontario. La poterie est différente de celle des autres tribus du Sylvicole de l'Ontario et, parmi les objets compliqués dont ils ornent les sépultures, il y a de mystérieuses ' pierres aviformes' ainsi que des pipes tubulaires, des pendentifs en ardoise polie, des lames de silex triangulaires et d'autres articles en cuivre et en pierre.

Deux cultures co-existent et, par la suite, se fusionnent avec les petite groupes dispersés de la culture de MEADOWOOD dans le sud de l'Ontario. Celles de POINTE PÉNINSULE (appuyez ici pour voir un tesson de poterie Pointe Péninsule)  à l'est et de SAUGEEN à l'ouest.

L'évolution de la poterie des tribus de la culture de POINTE PÉNINSULE dénote trois influences principales, dont la plus importante est celle des motifs de céramique de leurs voisins du nord, l'autre, moins marquée, est celle de la poterie simple de la culture de MEADOWOOD auxquelles s'ajoute un ensemble des tendances de la culture de HOPEWELL qui se trouve dans le Centre Ouest américain actuel. Ces influences se sont fondues en un motif qui est exclusif à ces tribus. La plupart des poteries de la culture de POINTE PÉNINSULE sont décorées à l'aide de peignes.

L'influence du sud touche également les rites religieux et amène l'adoption des monticules funéraires en terre et l'utilisation d'une gamme croissante d'offrandes funéraires exotiques, jusqu’à la disparition progressive de cette coutume, vers 1400 apr. J.-C..

Très proche de la culture de POINTE PÉNINSULE, il y a, plus à l'ouest, la culture de SAUGEEN. Les principales différences résident dans le style des poteries et dans le fait que les morts ne sont pas inhumés dans des tertres, mais dans de petite cimetières. D'après les traces de pieux, il semble que, dans les camps de pêche construits en été, les habitations étaient rectangulaires.

La culture de POINTE PRINCESSE (appuyez ici pour voir un tesson de poterie Pointe Princesse)  remplace la culture de SAUGEEN, dans les régions les plus au sud-ouest du sud de l'Ontario. La poterie, qui ne ressemble pas à celle de la culture de SAUGEEN, est ornée de motifs imprimés à l'aide d'un peigne fileté. Ce sont ces gens qui ont introduit la culture du maïs en Ontario. Le maïs a, d'abord, été cultivé dans le nord du Mexique il y a environ 5 000 ens; progressivement, sa culture s'est étendue aux régions septentrionales et a gagné l'Ontario en l'an 500 après J.-C. Son implantation a permis aux peuplades d'assurer le contrôle de leur subsistence et il s'en est suivi un accroissement démographique.

Dans le nord de l'Ontario, les peuplades de la période du Sylvicole initial sont celles de la culture de LAUREL; elles occupent un vaste territoire au centre des forêts canadiennes et sont les successeurs des peuplades de l'ARCHAÏQUE du BOUCLIER.

Dans une région du nord ouest ontarien, les nombreux monticules funéraires communautaires découverts révèlent l'influence de la culture de HOPEWELL plus au sud.

Il semble que la poterie de la culture de LAUREL ait pris naissance avec l'adoption de la technique du sud, mais elle a évolué en des styles qui sont tout à fait particuliers au nord. Ainsi que nous l'avons mentionné auparavant, cette poterie a exercé une certaine influence sur celle de la culture de POINTE PÉNINSULE au sud-est.

Dans des sites de culture de LAUREL, des outils en pierre, en os et en cuivre natif, ainsi qu'une quantité d'ocre rouge et des outils en obsidienne, un verre volcanique provenant du Wyoming actuel ont été découverts. C'est là la preuve de l’étendue du réseau des échanges commerciaux.

LA PERIODE DU SYLVICOLE TARDIF (ALGONQUINOÏDE)
(il y a 1 000 ans environ jusqu'à la période historique)

Les peuplades de langue algonquinoïde du nord de l'Ontario sont probablement des descendants en ligne directe des peuplades de la culture de LAUREL qui les ont précédées. Les noms des tribus du groupe linguistique algonquinoïde, réunies sous les désignations d'ALGONQUINS, de SAUTEUX et de CRIS, sont nombreux, mais en général ces appellations désignent beaucoup de petites bandes de chasseurs, de parenté assez éloignée, sinon par la langue et le mode de vie qui sont les leurs (appuyez ici pour voir une poterie du nord du Manitoba).

Les poteries de ces peuplades varient du fait que les femmes (qui fabriquent les objets en céramique) viennent de diverges autres régions et que chacune a introduit le style de sa région d'origine. Les hommes vont chercher leurs femmes ailleurs car la nature même du milieu, dont la rareté de ressources alimentaires ne permet de nourrir que de petite groupes dans une région donnée, ne leur permet pas souvent de trouver sur place des femmes nubiles qui ne leur soient pas plus ou moins apparentées. Les outils en pierre étant fabriqués par les hommes dénotent une plus grande uniformité que les poteries.

En raison des fréquents déplacements des petites bandes de chasseurs et des origines diverges des femmes, on trouve des Indiens du groupe linguistique algonquinoïde du nord de la Saskatchewan jusqu'au Labrador.

Dans l'Est, les ALGONQUINOÏDES adoptent les styles de poteries et de pipes (appuyez ici pour voir une pipe huronne trouvée chez les Algonquinoïdes de l'Est) des HURONS et aussi, dans une certaine mesure, les coutumes funéraires et la culture du maïs. Ils ont également copié des styles de céramique des cultures voisines de la région supérieure des Grands Lacs. Des sépultures de chiens ont été découvertes dans ces sites.

À l'ouest domine la poterie de type Blackduck qui provient probablement de la culture de LAUREL antérieure (appuyez ici pour voir une amulette en forme de castor). Ces tribus ont conservé la vieille coutume de la culture de LAUREL de l'ouest quant aux monticules funéraires. Elles utilisent du cuivre de la région ouest du lac Supérieur pour fabriquer des alènes, des perles, des bracelets et des couteaux. On retrouve également des sépultures de chiens. Ces tribus ont été comparées aux SAUTEUX de la période historique.

Sur le plan culturel, les ALGONQUINOÏDES du nord de l'Ontario sont apparentés à ceux du Manitoba et de la Saskatchewan. Le type de poterie prédominant est connu sous le nom de Selkirk, fait par les CRIS.

Comme nous l'avons déjà dit, ces trois régions ont des traditions semblables pour la fabrication des outils. Les peintures rupestres découvertes un peu partout dans ces régions, attestent également d'une culture commune.

(appuyez ici pour voir une carte de distribution des cultures du Sylvicole Tardif)

LA PÉRIODE DU SYLVICOLE TARDIF (IROCOÏDE)
(il y a 1 000 ans environ jusqu’à la période historique)

Au Xe siècle apr. J.-C., deux peuples détenant les éléments essentials de la culture IROQUOISE s'épanouissent dans le sud de l'Ontario: la culture de PICKERING à l'est (appuyez ici pour voir une herminette de la culture Pickering) et la culture de GLEN MEYER à l'ouest. La poterie de la culture de PICKERING paraît provenir de la tradition de POINTE PÉNINSULE et celle de la culture de GLEN MEYER de la tradition de POINTE PRINCESSE.

Vers 1300 apr. J.-C., les tribus de la culture de PICKERING gagnent le sud-ouest et envahissent les peuplades de la culture de GLEN MEYER. De la fusion de ces deux cultures naissent les tribus ERIES et NEUTRES du sud-ouest de l'Ontario méridional et du sud-ouest de l'État de New York (appuyez ici pour voir un hochet des Ériés-Neutres). Les HURONS et les PÉTUNS (appuyez ici pour voir une pipe de la culture Huron-Pétun) descendent directement de la culture de PICKERING.

Parmi les caractéristiques essentielles d'une culture IROQUOISE on trouve:
(1) la culture du maïs, complétée par la pêche et la chasse;
(2) d’importants villages de maisons
longues communes, entourés de palissades;
(3) l'habitude de fumer la pipe;
(4) l'inhumation des os en "faisceaux" (Le mort est placé sur un échafaud ou dans une tombe peu profonde; par la suite, les os sont recueillis et enterrés en "faisceaux");
(5) la consommation de la viande du chien et son utilisation éventuelle comme animal de sacrifice. 

Vers 1400, les quatre tribus précitées se détachent de leur base culturelle commune. A cette époque également, elles ont ajouté la graine de tournesol, le haricot et la courge à leur alimentation et dépendent moins de la chasse.

En 1615, les missionnaires Récollets et, en 1625, les Jésuites, commencent à évangéliser les HURONS. Les IROQUOIS de l'Ontario entrent dans la période historique et sont directement mêlés aux intrigues et aux rivalités des puissances européennes. Finalement, vers le milieu du XVlle siècle, ils sont dispersés et absorbés par la Ligue IROQUOISE des Cinq-Nations (installée dans l'actuel État de New York).

Quand Jacques Cartier visite Hochelaga en 1535, il rencontre un autre groupe d'lROQUOIS, ceux du SAINT-LAURENT.

En 1603, lorsque Samuel de Champlain arrive dans la même région (aujourd’hui l'île de Montréal et le Haut Saint-Laurent), ces peuplades ont disparu, probablement conquises et absorbées par les HURONS.

LECTURES SUGGÉRÉES

Assiniwi, Bernard 1972.Histoire des Indiens du Haut et du Bas Canada Tomes 1,2,3, Leméac. 1972.
Barbeau, Charles-Marius Indiens d'Amérique, Montréal, Librairie Beauchemin, 1956, volume 1  - Comment on découvrit l'Amérique, volume 2  - Peaux-rouges d'Amérique; leurs moeurs, leurs coutumes, volume 3  - Fameux peaux-rouges d'Amérique du nord-est au nord-ouest.
Douville, R., et J.-D. Casanova.La vie quotidienne des Indiens du Canada à l'époque de la colonisation française, Hachette, 1967.
Fohlen, Claude L'agonie des Peaux-rouges, Resma, 1970.
Marois, Roger 1)L'archéologie des provinces d'Ontario et du Québec, Montréal, Université de Montréal, 1968. 2) Les schèmes d'établissement à la fin de la préhistoire et au début de la période historique: le sud du Québec, Ottawa, Musées nationaux du Canada, Collection Mercure, n° 17
Picard, Gilbert-Charles 1) L'archéologie, Paris, Librairie Larousse, 1972. 2)Le Canada avant Cartier, un aperçu préhistorique, L'Archéologie au Canada, par des scientifiques du Musée national de l'Homme aux Musées nationaux du Canada, édition revue d'un extrait de 1' Annuaire du Canada 1968, publié par le Bureau fédéral de la statistique, Ottawa, imprimeur de la Reine.

Source: http://www.civilization.ca/cmc/archeo/oracles/ontario/09.htm

Pour en connaître davantage sur la préhistoire:www.thecanadianencyclopedia.com